Inquisition sur le mouvement du 14 juillet 2015 France

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Les Inrocks, Conspiracy Watch, confusionnisme.info, etc. Tous ces organes d’inquisition, tantôt sous contrôle des réseaux d’influence américains, tantôt directement financés par les banquiers, et chargés de définir et de mettre à jour les contours du « cordon sanitaire » semblent ne pas apprécier l’écho récent que rencontre le mouvement du 14 juillet 2015 sur le Web. Une contre-offensive a été lancée depuis quelques jours par Onella Guyet et son site confusionnisme.info, et amplifiée fortement hier avec un article des Inrocks, rédigé par Fanny Marlier, relayé par le site conspirationniste Conspiracy Watch.

L'inquisition des Inrocks

Capture d’écran du site Les Inrocks au 10 juillet 2015

Que reproche-t-on au mouvement du 14 juillet 2015 ?

Je vous le donne Émile, d’après Fanny Marlier ce mouvement serait un mouvement « d’extrême droite ». Pourquoi ? Et bien la démonstration de Fanny Marlier est simple, toujours la même. Il semblerait qu’une question sur le mouvement du 14 juillet 2015 a été posée au cours d’une réunion organisée par Dieudonné et Alain Soral, CQFD. C’est tout.

Deuxième élément reproché à ce mouvement, il est lié au CNT, dont le site affichait une liste de « personnalités recommandées » peu recommandables, Chouard, Dieudonné, Soral, Marine Le Pen, Pierre Hillard, Asselineau, etc.

Troisième élément de reproche, sur lequel Fanny Marlier n’aurait peut-être pas tort, la personnalité trouble d’Éric Fiorile. Mais pour étayer ce point, la malhonnêteté de Fanny Merlier la pousse à relayer la interview d’Éric Fiorile sans concession d’Éric Fiorile par le Cercle des Volontaires en oubliant de mentionner que le Cercle des Volontaires est lui aussi, d’après les critères du confusionnisme d’Ornella Guyet, censé faire partie de l’extrême droite. Ce serait donc l’extrême droite qui s’auto-détruit elle-même.

Bref, tout cela est bien décevant de la part d’une journaliste professionnelle comme Fanny Marlier qui a fait ses classes à SciencePo. Son article et son « professionnalisme » aurait pu nous en apprendre davantage sur les véritables zones d’ombre de ce mouvement du 14 juillet 2015. Par exemple : qui finance le matériel militant utilisé ? Qui prend les décisions dans le CNT ? Qui tire les ficelles ? Nous avons interrogé à plusieurs reprises des membres de ce mouvement sans en obtenir la réponse claire. Dommage que Fanny Marlier ne nous aide pas sur ce point-là non plus.

Qui sont les personnalités confusionnistes ?

Si l’on se réfère au site d’Ornella Guyet confusionnisme.info, qui voue une haine chronique à l’Agence Info Libre, sont confusionnistes, fascistes et/ou complotistes (le terme choisi dépend de l’humeur du jour) des personnalités aussi diverses que Jean-Luc Mélenchon, Pierre Rabhi, Hervé Kempf et Étienne Chouard, même si pour Étienne Chouard on le savait déjà grâce à Daniel Schneidermann d’Arrêt sur Images.

Qu’est-ce que le confusionnisme ?

Ornella Guyet définit le confusionnisme comme suit :

Le confusionnisme politique est ce phénomène qui conduit sur certains sujets des groupes et individus appartenant à des spectres a priori opposés du champ politique à s’allier pour des raisons opportunistes mais aussi parce qu’ils parviennent sur ces sujets précis à se trouver et à développer des bases idéologiques communes.

Par bonheur, cette définition est elle-même confuse, ainsi la logique est sauve. En réalité, tous ces pleutres inquisiteurs qu’Ornella Guyet représente si bien ne travaillent qu’à une chose : empêcher tout type d’union entre les Français qui transgresseraient la moindre ligne de clivage dressée par le pouvoir pour les diviser. Est considérée comme « confusionniste » toute personnalité convenable et fréquentable appartenant au paysage politico-médiatique mais ayant poussé la réflexion jusqu’à devenir gênante pour le pouvoir, difficile à contredire dans un débat d’idées loyal sans susciter l’éveil d’un nombre de Français encore plus grand. Cause perdue à terme évidemment, mais en attendant il faut bien que certains se chargent de la basse besogne de diaboliser les idées dangereuses pour l’idéologie du pouvoir.

Le confusionnisme est transitif

Ce qui facilite le travail d’Ornella Guyet, le confusionnisme est transitif : si A est confusionniste et connaît B, alors B est confusionniste. Par ailleurs, comme nous avons tous sur Terre transitivement la connaissance de quelqu’un d’autre au degré 6 (cf. Les six degrés de séparation), tout le monde devient potentiellement confusionniste et c’est Ornella Guyet qui se charge du sale boulot.

Comprenez que ces personnalités appartenant au débat public, donc bénéficiant du passeport de fréquentabilité mais ayant accepté de transgresser les dogmes de la pensée unique sont extrêmement subversives et réveillent chaque jour toujours plus de Français. « Confusionnisme » est le terme récemment promu par le système pour diaboliser cette catégorie précise de personnalités. Comment voulez-vous diaboliser une personnalité comme Pierre Rabhi si vous ne disposez que des armes de l’accusation en antisémitisme et en complotisme ? C’est là que le confusionnisme arrive à la rescousse. L’un des fils de Pierre Rabhi aurait fréquenté, de près ou de loin, un économiste proche d’Étienne Chouard (André-Jacques Holbecq) et hop ! Le tour est joué, Pierre Rabhi devient confusionniste par transitivité.

La méthode pour lutter contre l’écroulement des dogmes est réellement inquisitrice, digne de la chasse aux sorcières. Chaque fois qu’une organisation, qu’un média ou qu’une personne convenable commence à tenir des propos gênants (être trop virulent sur la dictature bancaire, désirer une indépendance nationale, critiquer le libéralisme libertaire, critiquer l’UE sous influence américaine, etc), le jeu de diabolisation consiste alors à lister un maximum d’hyperliens prouvant la fusion de pensée entre cette personne et une autre personne déjà fortement diabolisée depuis longtemps : Soral, Dieudonné, Le Pen, Faurisson, etc.

À ce petit jeu-là, Ornella Guyet ne se gêne pas pour mélanger mensonge et vérité, et surtout pour donner le maximum de photos et d’informations personnelles sur les personnes fichées, comme elle a pu le faire avec les membres de l’Agence Info Libre à l’époque où son site confusionnisme.info ne parlait intégralement que de nous.

Qui est Ornella Guyet ?

Qui donc est cette prétendue journaliste Ornella Guyet qui adopte les stratégies américaines classiques pour discréditer toute opposition politique au pouvoir et empêcher tout débat ? Pour répondre à cette question, nous vous renvoyons à l’enquête très intéressante de François Asselineau sur les réseaux anti-fascistes, sur Ornella Guyet en particulier et sa participation au « Center for the Study of International Communications ».

Si nous avons décidé de prendre du temps pour parler d’Ornella Guyet, c’est que ses articles inquisiteurs sont de plus en plus utilisés comme source journalistique pour d’autres journaux. Prenons par exemple ce média de fausse opposition qu’est Arrêt sur Images (disons média d’opposition au système en temps normal, mais qui s’aligne servilement sur les dogmes dès que ça chauffe un peu pour son image de marque). Nous trouvons plusieurs occurrence du terme « confusionnisme » dans ses articles et plusieurs références au « travail » d’Ornella Guyet. Ornella Guyet établit donc petit à petit une base de données riche, qu’il suffit de référencer depuis un autre site pour affirmer, preuve à l’appui, que telle ou telle personnalité convenable ayant eu des propos gênants est en réalité confusionniste.

Autre exemple de conséquence, l’Agence Info Libre réalise un entretien d’une heure avec Gérard Filoche, qui publie sur son site et sur Twitter.


Entretien avec Gérard Filoche par agenceinfolibre

Mais l’inquisition surveille la moindre contagion et Gérard Filoche étant toujours fréquentable (pour combien de temps encore ?) il se prend un rappel à l’ordre sur Twitter.

Inquisition anti-confusionniste sur Gérard Filoche

Inquisition anti-confusionniste sur Gérard Filoche

Encore une fois, c’est le jeune site confusionnisme.info qui apporte la preuve par neuf que nous serions un média d’extrême droite. Gérard Filoche, qui ne semble alors pas dupe de la méthode, accepte cependant de supprimer de son site le lien vers notre entretien et en sera quitte pour un avertissement. Il reste à ce jour du bon côté du « cordon sanitaire », mais attention M. Filoche à ne pas dénoncer trop fermement l’UE comme la « puissance des banques », comme vous l’avez fait lors de votre excellent dernier passage à BFM, sinon vous allez vous faire flasher par confusionnisme.info, qui monte la garde !

Damien


Pour aller plus loin sur le mouvement du 14 juillet 2015, retrouvez nos entretiens avec Bruno Le Floch et Thierry Borne.

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